Caractéristiques de l’installation

Intervenant(s)

Otis

Installation

adaptation dans une cage d'escalier/un espace existant

Date de mise en service

avant 1926

Statut juridique

Classé depuis le 07 avril 1977

Ascenseur principal ou de service

ascenseur de service

Énergie

électrique

Nombre d'arrêts

5

Charge nominale (kg)

240

Nombre de personnes

3

Vitesse (m/s)

0,71

Type de gaine

gaine fermée

Parois de la gaine

verre
maçonnerie
bois

ferronnerie
verre

Portes palières
élément(s) récent(s)

bois

Guides

en bois

Emplacement du contrepoids

en gaine commune

Boutons d'appel

récents

Plaques signalétiques

récentes

Anciennes marques de fabrique

non

La cabine

Forme de la cabine

quadrangulaire

Matériaux de la cabine

bois

bombé

Porte cabine

néant

Boîte à boutons de commande

récente

Plaques signalétiques

récentes

Éclairage

plafonnier récent

Accessoires de la cabine

portemanteau

Machinerie

Emplacement de la machinerie

en comble

Treuil

moteur ancien
poulie d'adhérence

Tableau de commande

récent

Sélection d'étages

récente

Limiteur de vitesse

limiteur de vitesse récent

Métadonnées

Date de rédaction de la fiche

Vendredi 11 septembre 2026

Auteur de la fiche

Jérôme Bertrand

id

Urban : 87
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Description

L’hôtel Solvay construit par Victor Horta entre 1895 et 1903 est équipé d’un ascenseur OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ..., à l’origine doté d’un compartiment monte-charge situé sous la cabine. Accolé à l’escalier de service, l’appareil est implanté en façade arrière. Il dessert cinq arrêts : le sous-sol, le rez-de-chaussée, le premier étage, le deuxième étage et l’entresol situé entre le deuxième et le troisième étage. Le compartiment monte-chargeAscenseur destiné principalement au transport d’objets. permettait notamment d’acheminer les repas de la cuisine installée au rez-de-chaussée jusqu’au palier du premier étage situé au point de passage entre l’office et la salle à manger[1]

Dans son premier ouvrage de référence consacré à l’Hôtel Solvay, Yolande Wittamer indique que « l’ascenseur a pu être placé en cours de construction mais peut-être aussi plus tard, suite à l’opération grave subie par Armand Solvay (Interview de E.J. Solvay) » [2]. Ni les observations faites in situ ni la consultation des archives ne permettent à ce stade de confirmer l’une de ces hypothèses. L’implantation de l’ascenseur en partie devant les fenêtres de l’escalier de service plaide pour une installation postérieure à la construction initiale. D’autres observations sont néanmoins compatibles avec une installation d’origine : la présence d’ouvertures correspondant aux dimensions de la trémie sur les plans de structures métalliques des étages; le fait que les fenêtres de la façade arrière situées derrière la gaineEspace dans lequel se déplacent la cabine et/ou le contrepoids, délimité par les parois, le plafond et le fond de la cuvette. La gaine peut être fermée ou partiellement ouverte.  de l’ascenseur ne sont pas équipées de crémones, mais de simples verrous pouvant être actionnés malgré la difficulté d’accès. Il est toutefois établi que l’ascenseur existait déjà dans les années 1920, puisqu’il est mentionné dans un catalogue OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... avec des références, édité vers 1926.

L’installation porte la marque d’une importante transformation réalisée en 1958 par l’architecte Jean Delhaye à l’occasion du réaménagement du bâtiment pour la maison de haute couture Wittamer[3].

La gaineEspace dans lequel se déplacent la cabine et/ou le contrepoids, délimité par les parois, le plafond et le fond de la cuvette. La gaine peut être fermée ou partiellement ouverte.  de l’ascenseur est aujourd’hui entièrement fermée. Les portes palières pleines installées par Otis[4] en remplacement des grilles rétractiles d’origine sont revêtues d’un placage de chêne clair verni. Afin de réaliser une face lisse au droit de ces nouvelles portes, la gaineEspace dans lequel se déplacent la cabine et/ou le contrepoids, délimité par les parois, le plafond et le fond de la cuvette. La gaine peut être fermée ou partiellement ouverte.  a été légèrement élargie au détriment des paliers.[5] La paroi de gauche de la gaineEspace dans lequel se déplacent la cabine et/ou le contrepoids, délimité par les parois, le plafond et le fond de la cuvette. La gaine peut être fermée ou partiellement ouverte. , donnant vers l’escalier de service, est constituée de profilés métalliques, de tôle et de verre armé conformément aux recommandations formulées par OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... à l’attention de Jean Delhaye en réponse à l’envoi de plans en vue d’une demande de devis.[6] La paroi de droite de la gaineEspace dans lequel se déplacent la cabine et/ou le contrepoids, délimité par les parois, le plafond et le fond de la cuvette. La gaine peut être fermée ou partiellement ouverte.  correspondant au mur de la façade arrière est pourvue de châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. fixes en bois résineux qui doublent les fenêtres donnant vers le jardin. Ces châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. équipés de verres striés typiques du tournant des 19e et 20e siècles ont été conservés lors des transformations de 1958 en contradiction avec les prescriptions d’Otis.

À l’instar de l’ascenseur, l’escalier de service semble lui aussi avoir été modifié lors des travaux de réaménagement réalisés par les Wittamer. Un plancher métallique surélevé de quatre marches a été installé pour racheter la différence de niveau entre un repos de l’escalier de service et le plancher du deuxième étage. Grâce à ce dispositif donnant sur une nouvelle porte percée face à l’ascenseur, le personnel de l’entreprise Wittamer pouvait accéder directement aux espaces de travail situés à l’arrière du bâtiment à partir de l’escalier de service. Monté sur charnières, ce plancher en métal peut être relevé pour faciliter le nettoyage des fenêtres de la façade arrière.

De plan rectangulaire, la cabine d’ascenseur en bois d’acajou a fait l’objet d’un élégant travail d’ébénisterie dans le style d’origine du bâtiment. Elle présente deux pans coupésPan de mur situé de biais sur l’angle d’un bâtiment. se faisant face en diagonale afin de réserver l’espace nécessaire pour les guidesRails verticaux en métal et parfois en bois, fixés sur toute la hauteur de la gaine, le long desquels circule la cabine ou le contrepoids. Des câbles peuvent être utilisés comme guides pour le contrepoids.  placés aux angles de la gaineEspace dans lequel se déplacent la cabine et/ou le contrepoids, délimité par les parois, le plafond et le fond de la cuvette. La gaine peut être fermée ou partiellement ouverte. . Le traitement panneauté des parois est comparable, tant par le dessin que par le détail de la mouluration, à celui des portes intérieures de l’hôtel Solvay. La paroi de gauche se distingue toutefois par une exécution moins soignée que celles du fond et de droite. Plus récente, elle résulte de la fermeture - avant 1958[7]- d’une seconde baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. d’accès équipée d’une grille rétractileSystème de fermeture, constitué de montants réunis par des croisillons mobiles, qui se replie et se déplie sur lui-même entre un rail supérieur et un rail inférieur. dont la lisse supérieure est encore visible. Cette même paroi, semble-t-il, a été restaurée fin 1958 suite à un incident technique survenu à la fin des travaux [8]. Initialement vitré[9], le toit de la cabine a été occulté par des panneaux de bois lors des travaux de 1958.

Les boutons de commandeSérie de boutons placés en cabine qui permettent de sélectionner automatiquement l’étage souhaité. Un bouton d’arrêt, un bouton d’alarme et un interrupteur pour l’éclairage complètent souvent ce dispositif. de la cabine ainsi que les boutons d’appel et de renvoi ont été remplacés lors de la même phase de travaux. L’ascenseur peut être commandé aussi bien de l’intérieur de la cabine qu’à partir de l’un des étages. Il était utilisé comme monte-chargeAscenseur destiné principalement au transport d’objets. par la maison de couture comme le rappelle la présence de deux porte-manteaux et d’une tringle fixée au plafond.[10] C’est probablement à cette époque que le compartiment monte-chargeAscenseur destiné principalement au transport d’objets. situé sous la cabine, devenu inutile, a été supprimé.[11]

L’étrier est placé en diagonale pour gagner de l’espace et permettre le double accès à la cabine par les deux baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. de porte contiguës présentes à l’origine. D’un modèle très ancien, le parachuteSystème de sécurité qui bloque la cabine sur ses guides en cas de rupture des câbles de traction ou de survitesse.  est installé sous la traverse inférieure de l’étrier qui accueillait l’ancien compartiment monte-charge. Il est relié aux câbles de suspension de la cabine.

La cabine évolue sur des guidesRails verticaux en métal et parfois en bois, fixés sur toute la hauteur de la gaine, le long desquels circule la cabine ou le contrepoids. Des câbles peuvent être utilisés comme guides pour le contrepoids.  en bois tandis que le contrepoids long et étroit coulisse sur des guidesRails verticaux en métal et parfois en bois, fixés sur toute la hauteur de la gaine, le long desquels circule la cabine ou le contrepoids. Des câbles peuvent être utilisés comme guides pour le contrepoids.  métalliques en T à l’arrière de la cabine dans un renfoncement du mur.

La machinerieSitué dans un espace en partie basse ou en partie haute de l’installation, ensemble comprenant le système d’entraînement et les équipements de commande de l’ascenseur. est située dans un espace exigu sous le petit escalier tournant menant du troisième étage aux comblesEspace intérieur de la toiture.. Le moteurMoteur actionnant le treuil de l’ascenseur. et le limiteur de vitesse ont été remplacés en 1958, et l’armoire de commande en 2026, mais le treuilAccouplé au moteur, dispositif mécanique qui entraîne les câbles de la cabine et du contrepoids sur un tambour ou une poulie d’adhérence.  , probablement d’origine, a été conservé [12].

Bien que fortement transformé en 1958, l’ascenseur de l’Hôtel Solvay conserve plusieurs éléments d’origine, notamment sa cabine conçue dans le style du bâtiment. Certaines caractéristiques techniques – guidesRails verticaux en métal et parfois en bois, fixés sur toute la hauteur de la gaine, le long desquels circule la cabine ou le contrepoids. Des câbles peuvent être utilisés comme guides pour le contrepoids.  en bois, type d’étrier et de parachuteSystème de sécurité qui bloque la cabine sur ses guides en cas de rupture des câbles de traction ou de survitesse.  – le rapprochent des plus anciens ascenseurs OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... conservés à Bruxelles – comme ceux avenue Lepoutre 104  (c. 1912) ou rue de la RégenceEnv. 1715 - années 1740. Le style Régence est un style de transition (env. 1715-1730, à Bruxelles jusqu'aux années 1740) entre le baroque austère et classicisant de la période Louis XIV et le rococo frivole de la période Louis XV. Ce style né en France doit son nom à la régence de Philippe d'Orléans (1715-1723). Dans les Pays-Bas m... 23 (c. 1913) - ce qui confirme une installation au plus tard dans les années 1920.


Notes

[1] Yolande Wittamer, Horta – L’hôtel Solvay, Diane de Selliers éditeur, Paris, 1996, p.54.

[2] Yolande Wittamer, Victor Horta - L’hôtel Solvay, Louvain-la-Neuve, 1980, p.315. Armand Solvay aurait, selon des informations orales familiales, été gravement malade en 1906.

[3] Des archives de Jean Delhaye concernant l’hôtel Solvay conservées au Musée Horta documentent les interventions réalisées sur l’ascenseur.

[4] Devis OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... modifié du 09/06/1958, courrier OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... du 13/06/1958, courrier J. Delhaye à OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... du 18/06/1958, courrier OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... 20/06/1958.

[5] Idem

[8] Courrier de réclamation de M. Wittamer à OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... 17 décembre 1958, courrier de réponse Otis du 22/12/1958, facture de l’ébéniste Marcel Lebrun pour réparation à l’ébénisterie de la cabine adressée à OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... par J. Delhaye dans un courrier du 13/01/1959, courrier OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... du 15 janvier 1959 signifiant refus de payer la facture Lebrun, courrier de J. Delhaye à OtisPionnière de l’industrie de l’ascenseur, la firme Otis commercialise ses premiers ascenseurs, équipés d’un système de sécurité, à partir de 1857 aux Etats-Unis. Dès 1891, la marque Otis est présente à Bruxelles via une agence de son bureau parisien. A partir de 1895, elle est représentée par un concessionnaire bruxellois (Albert Mignot), jusqu’à ... (24 février 1959), courrier Otis 4 mars 1959 à Delhaye.

[9] Rapport de visite de l’organisme de contrôle AIB le 30/09/1958 suite aux travaux à l’ascenseur (courrier 11/10/1958)

[10] Un courrier de M. Wittamer à J. Delhaye du 30/06/1958 rappelle que « l’ascenseur doit pouvoir être commandé comme monte-chargeAscenseur destiné principalement au transport d’objets. du rez-de-chaussée au second étage et vice versa (…) ».

[11] Yolande Wittamer, Horta – L’hôtel Solvay, Diane de Selliers éditeur, Paris, 1996, p.54.